L’enfant « faiseur de tendances », really ? canada goose chateau homme Oui. Peu à peu on a vu naître la figure du « kidster », soit l’enfant hispter, ce môme swag célébré à longueur de Tumblr et portant avec style Converse, fringues American Apparel et sac à dos Herschel (sans barbe toutefois, la nature étant inflexible sur ce point). Comme sa mère, le kidster rêve d’une parka Canada Goose (comptez 400 euros, au bas mot). Comme son père, il s’habille chez Kenzo. Mais tout ceci reste très récent. Au commencement, il y a quarante ans, c’était le désert dans les vestiaires des petits. « Il y avait les robes à smocks, les manches ballon et les chaussettes qui piquent. Je n’en pouvais plus », se souvient Marie-France Cohen, créatrice des marques Bonpoint et Bonton. Nous sommes alors en 1975. La jeune femme, voyageant beaucoup, crée la marque Bonpoint avec son époux Bernard Cohen. Le couple s’inspire alors de la mode internationale et des ­traditions vestimentaires mondiales, des salopettes des petites filles américaines aux uniformes des écolières anglaises. L’ambition de la marque est simple, mais plutôt révolutionnaire: «Je voulais surfer sur le mauvais goût des petites filles, se remémore Marie-France Cohen. Faire un vêtement qui plaise à l’enfant, qui soit chic. »

Quarante ans plus tard, canada goose chateau homme la leçon de mode est retenue et la progéniture du couple CSP + mélange allégrement du H & M avec du Bonpoint, du Monoprix avec du Burberry. «Autrefois, tu avais Jacadi, Bonpoint et Cyrillus. Aucun intermédiaire. Aujourd’hui, ça a explosé, les codes sont cassés. Tu peux t’amuser. Ma mère, qui tenait une boutique Jacadi, n’en revient pas de voir tout ce qui se fait aujourd’hui. On trouve énormément de jeunes créateurs, de sites Internet, de petites marques»,décrypte Anne-Charlotte Vermynck, fondatrice du Doolittle, dont le numéro de printemps s’intéresse, justement, aux fashion victims des cours de récré.

Intérêt des plus jeunes pour la mode,canada goose chateau homme explosion de l’offre, tout cela n’est, en vérité, qu’un symptôme de changements plus profonds. Car, depuis quarante ans, la place de l’enfant a infiniment changé. «Il est devenu l’image sociale de la famille nucléaire», avance Angélique Kosinski Cimelière, pédopsychologue. «Il est aujourd’hui une sorte de mini-me »,estime Pascale Dechâtre, de Children Worldwide Fashion. D’autant que des descendants, il en naît à la pelle: malgré la crise (ou à cause d’elle ?) et la morosité ambiante, le taux de ­fécondité des Françaises reste l’un des plus élevés d’Europe (2,01 enfants par femme en âge de procréer en 2014, selon l’Insee).