Bruno, grand gaillard aux cheveux blancs de presque soixante ans, n’est pas de ceux-là. En t-shirt blanc à manches courtes, il regarde la télévision dans sa caravane qu’il chauffe « 24h/24 » avec son poêle. Avec « 6 à 7 litres par jour », il parvient à maintenir « 18-20° ». A l’instar de sa voisine, il « n’est de toute façon pas frileux » et ne trouve pas cet hiver plus difficile qu’un autre. « On a eu pire », clame-t-il, presque surpris par la remarque, « il y a deux ans, on avait moins vingt degrés. C’était autre chose. » Retraité, Bruno venait lui aussi au camping en famille, avant. Il y vit seul depuis trois ans. A deux kilomètres de l’entrée du camping, son emplacement est assez éloigné des sanitaires. Mais ça ne le dérange pas plus que ça. « Tout le monde ne les utilise pas, surtout avec ce froid », admet Alain.

Des figurines de jardin et des pots de fleur à ne savoir qu’en faire devant des mobile-homes bien entretenus à côté d’amoncellements de vieux objets et de débris de toutes sortes devant des caravanes en piteux état : les emplacements se jouxtent mais ne se ressemblent pas. Les vitres cassées d’une caravane sont tant bien que mal colmatées avec du plastique. « Il y faisait 15° ces derniers jours », indique Alain, inquiet. A quelques mètres, il montre, désolé, la caravane d’un « monsieur qui n’a rien : ni électricité ni chauffage. Il dit qu’il ne craint pas. »Célébrer la fête indienne des couleurs «Holi», boire une bière artisanale parisienne, profiter du Printemps du Cinéma ou encore rendre hommage à Saint-Patrick.

«Holi», kezako? C’est l’une des plus grandes fêtes populaires en Inde: pour célébrer les premiers jours du printemps, des millions de femmes et d’hommes s’aspergent de poudres colorées, chantent et dansent au son de musiques traditionnelles. Dimanche, le Jardin d’Acclimatation reproduit cette fête en famille avec le spectacle participatif en plein air The Color of time par la Compagnie Artonik (à 15h, devant la Rivière Enchantée) et un grand lâcher de couleurs (à 16h, devant la Grande Volière). Au programme également: ateliers henné, bindi et mandala, dégustation de samosa, poulet tandoori et cheese naan, marionnettes géantes, musique et danse Bollywood. Les intrépides visiteurs vêtus de blanc entreront gratuitement! »C’est vrai, je passe outre le décret, mais je me vois mal dire de partir à ces gens qui sont contraints de vivre ici pour des raisons économiques », explique le maire d’Itteville Alexandre Spada. Celui qui est à l’initiative d’une maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS) visant, d’ici 2013, à reloger certains résidents dans des logements sociaux et des « chalets » installés sur le terrain de camping, il « n’accepte pas que de telles situations sociales soient possibles. » Et se félicite du relogement récent, en HLM, d’une famille qui était là depuis plusieurs années. « Il y avait des enfants, ils étaient prioritaires ».