Les vents contraires qui soufflent sur la région sont également loin d’émousser la confiance que A. Lange & Söhne possède pour ses montres de collection. La marque allemande basée à Glasshütte (Saxe) ne se préoccupe en fait pas vraiment de la situation à Hongkong. Ni même de celle de l’Asie, d’ailleurs. «Nous travaillons sur un marché de collectionneurs, rappelle son directeur Wilhelm Schmid. Pour nous, en Asie, la situation n’a pas changé.» La marque dont la manufacture a été inaugurée en août par Angela Merkel ne possède que 15 boutiques en propre dans le monde – un chiffre qui n’évolue guère puisque chaque fois qu’une boutique est ouverte quelque part, une autre est fermée ailleurs.

Une coupe de champagne à la main, Jean-Marc Pontroué conclut lui sur le concept de «normalisation du marché». Le patron de Roger Dubuis, rencontré en marge de l’un des soupers organisés par la plus jeune marque du groupe, note comme les autres que le coup de frein sur Hongkong dure depuis environ un an. Mais pas d’inquiétudes: «les ventes grimpent au Japon, en Corée, et même en Suisse. Il s’agit simplement d’une redistribution des cartes…»Cette nouvelle donne pourrait-elle pousser les marques exposantes à changer la périodicité du salon, qui se tiendrait alors tous les deux ans? Le sujet est dans l’air et vendredi après-midi, les patrons des maisons devaient se retrouver pour en débattre. Avec un chiffre en tête: la Fondation de la Haute Horlogerie (FHH) qui organise l’événement a noté une progression de 25% du nombre d’entrées (16’000 en 2014 contre 20’000 cette année). N’allez plus leur parler de malédiction…

Le visiteur aura enfin relevé que, sur l’un des stands, il n’est question ni de conjoncture économique, ni d’exportations horlogères, ni encore de nouveaux tourbillons. Mais de coucous. En partenariat avec la FHH, la Haute école d’art et de design de Genève y exposait 24 modèles de coucous suisses revisités par des élèves et des professeurs.Que reste-t-il aujourd’hui de cet objet iconique? Une grande variété d’idées, à coup sûr. Parfois poétiques, comme ce boitier connecté à un distributeur de graines installé dans le Pays d’Enhaut (VD). Qui prend automatiquement une photo de chaque oiseau venant picorer une graine pour l’imprimer au pied du visiteur à Hongkong.